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07.07.2021

Rallye du Chablais 2021 - ERT, TER

La, enfin (!), 17e édition du Rallye du Chablais, était la toute 1ère manche des Championnats Suisses auto en terre helvétique, à reprendre depuis le début de la crise sanitaire en février 2020. Grâce à son statut international et à la motivation du comité d’organisation, emmené par son Président et son Directeur de Course, il a pu mettre en place un concept en collaboration avec les services cantonaux, adapté définitivement à la veille du rallye. De là, la situation était claire : pas de mesure, pas de rallye. Une reprise bienvenue, également pour le milieu des commissaires, dont les cours, lien important pour le maintien des effectifs, ont été annulés en partie en 2020 et complètement en 2021. Si l’on s’attendait à une édition particulière, il était difficile de se l’imaginer.

Plaque RdCh 2021.jpgAprès 2 éditions sur les hauts de la Rivera, il était déjà prévu l’an passé que je reprenne une nouvelle ES, soit celle de Muraz, sur laquelle j’avais officié lors de mes 2 premières participations au rallye en 2004 et 2005, après quoi elle n’avait plus été disputée ; autant dire que je n’ai plus aucun souvenir du parcours, sauf que certaines zones étaient en mauvais état. Gros changement par contre, elle se fera le samedi, ce qui me posait quelques soucis de timing afin de pouvoir rejoindre la Super ES sur laquelle je suis Starter depuis 2018. Si une solution avait été définie, cette année le cas est plus simple, puisque les ES à public ont été soit modifiées soit, comme à Collonges, supprimées. De ce fait, en compagnie de 3 adjointes, je n’aurais qu’un seul jour de course, le vendredi étant consacré au montage de l’ES, et c’est ainsi la 1ère fois que je ne fonctionnerai pas le 1er jour au Chablais. A la veille de la 1ère séance qui s’est effectuée à distance par vidéo, je vais reconnaitre l’ES, et les bonnes intentions n’ont pas payées ; après 3km500, la route est fermée par une barrière, et par l’envers, ne connaissant pas bien la région, je me retrouve bloqué par la neige sur les 2 accès possible. En séance, on m’annonce qu’il y a sur le bas un danger de chute de pierres, qui devra être traité puis validé par les autorités, et sur le haut… les pistes de ski, l’ES ne sera donc pas faisable avant début mai, vu l’enneigement tardif. Ce n’est pas la 1ère fois que cela m’arrive, mais sur une ES de 18km, avec notamment de nombreuses cordes, ce n’est pas l’idéal pour permettre plusieurs visites, et ainsi avoir le temps d’effectuer une liste matériel avec les idées reposées. Début avril, un aperçu a pu être effectué avec les responsables sécurité, avant d’être stoppé à mi-parcours par la neige et les pierres, mais pas possible pour moi d’effectuer un relevé en un tel passage. Je remarque par contre rapidement, qu’il y aura pas mal de doubles banderolages de sécurité visuelle pour les équipages, ce qui donnera plus de travail qu’à l’habitude lors de la préparation des reconnaissances. N’ayant par la suite pas d’info, et le temps s’égrainant, j’ai tout de même refait 2 tentatives les week-end de début mai, mais toujours la barrière par le bas, et par le haut, un seul des deux accès permet d’atteindre le point culminant, soit le STOP à 1790m, où il neige, il souffle et il caille, avec une couche de 30 à 40cm ne permettant pas d’aller plus loin, et parait-il, en contre bas c’est pire ; un déneigement est en cours, mais rien de visible de là. A J-6 des recos, on ne sera pas gêné par l’inalpe, mais dans quel état sera l’ES ? Bref, déjà beaucoup de km pour pas énorme, et une nouvelle première au Chablais, une préparation d’ES à l’aveugle.

Le vendredi après-midi précédent le rallye, préparation des recos, mais avec quoi ? Sachant qu’il fallait un grand nombre de piquets, j’ai demandé un bus, car pour seulement les banderolages de sécurité visuelle, j’en ai compté 80 (!), et j’ai une 20aines de cordes uniquement sur les 3 premiers km… folie ! Ne sachant même pas combien il m’en faut pour tout le rallye, j’avais initialement opté pour 280 en prévoyant de compléter après visite, mais voilà… pas de visite… Ce jour, j’en ai pris 200 (!). Nous en avons finalement mis 160 (!), contre 40 au grand maximum habituellement, laissant tout de même quelques cordes discutables, qui risquent malheureusement de salir passablement la route, créant ainsi un danger pour les autres au fil des passages, mais bon... Après un prémontage record d’une durée de 6h30, et avec l’ensemble des adjointes, nous atteignons le bout de l’ES entre des murs de neige impressionnants pour la saison, où nous ne distinguons même pas les bords de route.

Samedi, le lancement des recos a été complexe… Tout d’abord, suite à la neige toujours présente en altitude, le trail de Torgon a modifié son parcours, avec autorisation, mais sans que l’un et l’autre organisateur n’ait été averti de la cohabitation… Grâce au service forestier qui a fait suivre, au lieu de passer sur la route sur 1km, ils ont utilisé un chemin latéral et n’ont emprunté la route que sur 200m. Sauf que… avec la neige de la nuit, les trailers ont perdu leur chemin et ont pris la route sur beaucoup plus… Une adjointe, postée pour sécuriser la zone, a ainsi aussi travaillé pour le trail, afin de les relancer sur le bon chemin. Malheureusement, me disant qu’en montant, elle avait retiré pas mal de cailloux et que les torrents débordaient sur la route mais sans créer de problème, elle me signale qu’il y a un peu de neige mais pas sur la route, je n’ai donc pas pensé qu’il y en aurait bien plus plus loin (15cm), car oui, la fin d’ES grimpe, mais n’ayant jamais été confronté à cette situation, et n’ayant pu la faire que la veille, ce manque de connaissance du terrain suite à son inaccessibilité, aura créé un bug, puisque les 1ers équipages ont été bloqués dans les 2 derniers km avant l’arrivée, devant faire demi-tour, et cela jusqu’à environ 11h30, moment où un membre de la DC a pu faire une trace et que le soleil ait enfin agit.
Du coup, dimanche matin, la neige étant annoncée jusqu’à 1400m (!), je suis parti 1h30 avant. Si la quantité est bien moindre (5cm), en roulant, cela crée une couche très glissante, et avec la perte d’élan sur l’avant dernière épingle, je me retrouve comme les équipages la veille, dans l’impossibilité d’effectuer le dernier km, alors qu’il neige à gros flocons 50m plus haut ; pas mieux lors de la 2e tentative 20 minutes plus tard. Les équipages ont ainsi à nouveau été conviés à venir plus tard. En redescendant, je reste prudent, la neige tassée des ornières est très piégeuse, et sur une microscopique courbe probablement plus froide sous des arbres, grosse frayeur ; en contre-braquage total face à un talus en dévers, la voiture a corrigé d’une technologie de maître, avant de me renvoyer brutalement de l’autre côté contre le mur de neige, et de vivre la frayeur bis… avec le même résultat… oufff… A 9h30, sous un gros soleil retrouvé, 3e essai tout juste réussi, mais le routier à la descente est resté non roulé jusqu’au passage d’un équipage bien équipé, et à nouveau du membre de la DC. La journée s’est terminée par un équipage de VHRS, dont j’ai fait connaissance à l’Alpine Challenge (rallye de régularité sur route ouverte), qui de base était parti pour ne faire qu’une fois les ES, mais qui finalement est revenu… « Elle est trop belle la tienne, on va la refaire juste pour le plaisir » :-)  Jeudi, alors qu’habituellement c’est jour de montage, ce fut une nouvelle journée de reco, histoire de s’assurer que les couloirs de la zone du tunnel soient surveillés comme demandé par les autorités.

Affiche RdCH 2021.jpgVendredi, alors que nous sommes tous testés, la prise du matériel s’est faite à 8h30, avec LE dilemme : aurais-je assez de piquets ?… Il m’en reste une 40aine des recos, et encore 80 au matériel. Selon mes calculs, il m’en faut encore plus d’une 100aine pour les panneaux, sans compter les fermetures de routes et chemins pédestres, je compte donc sur un manque de 50 pièces. Comme il manque une ES et que les parcs en ont utilisé bien moins suite à l’interdiction du public au QG du rallye, il y a du stock, c’est donc 80 piquets supplémentaire que nous avons embarqués avec soulagement, s’ajoutant aux 53 panneaux pour les équipages, 84 pour le public, 18 extincteurs, 7 drapeaux rouges, 34 chasubles commissaires, 3 tentes et leurs pieds, et autres cale, balais, pelles, rouleaux de banderole, etc… et… 3 bottes de pailles pour marquer des têtes de glissière, qu’il a fallu aller chercher ailleurs, et que j'étais allé repérer et préparer avant le passage au matériel. Durant la matinée, nous avons reçu le feu vert des services suite à l’entretien effectué au pied des couloirs de chute de pierres. Vers 13h, nous avons fait la pause au km 13.45 à l’abri du courant, avant de poursuivre jusqu’au STOP, où les murs de neige sont encore bel et bien présents, mais les prés sont déjà bien verts, avec de grosses coulées d’eau, dont une flaque que j’ai tenté d’atténuer en créant une rigole. En redescendant, nous avons posé l’ensemble des panneaux 100m avancés, et après un montage d’une durée effective d’environ 6h, avec un solde d’une 20aine de piquets sur 360 (!), souper à Aigle, passage au matériel pour récupérer un oubli, puis retour à domicile pour terminer les dossiers commissaires avec les derniers documents touchés le matin.

Samedi, diane à… 3h10. Le rendez-vous étant à 4h45, j’accueille les commissaires 15 minutes avant au bord de la route pour qu’ils fassent doucement, étant donné que nous sommes au milieu du village. Nous nous retrouvons dans une salle communale, plus adaptée à la situation sanitaire. Tout le monde est là, sauf 2 commissaires qui nous rejoindront juste avant la fermeture de route. Durant le briefing, j’ai informé d’une nouveauté sécurité instaurée par la FIA, soit pour les carrefours avec changement de direction, la suppression de la 1ère banderole du bord extérieur de piste dite pour les pilotes, afin que le public ne la prenne pas comme une limite. Chez nous ce n’était pas vraiment un problème, puisque depuis la suppression du banderolage en croix de ces échappatoires, on y avait rajouté des panneaux d’interdiction. C’est plus que dès à présent, si un pilote venait à se louper en écrasant la flèche directionnelle, que les commissaires n’ont pas vraiment la possibilité de remettre en place, il y aurait ainsi un défaut de visuel ; la prudence est donc de mise sur les postes en question. La distribution du matériel a été effectué sur la zone du départ, évitant ainsi de faire de bruit sous les fenêtres. Le timing est ju-juste pour une ES aussi longue, puisque mes adjointes du STOP, devant remplacer les commissaires initiaux excusés, doivent encore fermer de nombreux accès. Au départ beaucoup à faire, car le programme est chamboulé ; les VHC, avec une belle participation non seulement étrangère grâce à l'arrivée du TER-H, mais également helvétique, partant après les modernes ce second jour, les horaires des ouvreurs, de plus pas tous là, doivent être revus, sans compter qu’une personne a voulu forcer sur le parcours alors que la course proprement dite était lancée. De là, du public est arrivé, et le départ étant sur une place, j’ai accepté son accessibilité pour autant que le port du masque soit respecté, et qu’ils restent en retrait des véhicules. Durant la journée, puisque masqué, il aura aussi fallu adapter l’échange visuel avec les équipages, élément très important pour moi sur un départ.
Le 1er passage a été marqué par deux interruptions, d’une part pour un bovi-stop qui avait été consolidé mais pas assez, et qu’un commissaire a réussi à sécuriser avec une sangle personnelle, puis quasi derrière, c’est une cellule d’arrivée qui s’est faite écrasée et… emportée. Après l’évacuation d’une voiture au terme de l’ES, le second passage a repris quasi tout de suite, et a notamment été animé peu avant l’arrivée, par la sortie de 4 concurrents sur le même secteur, dont 3 au même endroit. Tous les équipages ont ainsi été avisés, même si les éléments reçus par radio, ne correspondaient pas tout à fait à ce que j’ai découvert après coup sur les photos et vidéos. Situation qui aurait même pu devenir critique, puisqu’au lieu de sécurisé, un officiel a préféré aider… jusqu’au moment de la seconde sortie.
En fin d’ES juste avant 14h, après les 1ers retours de matériel des commissaires, je suis parti pour effectuer du balayage à la montée, alors que les adjointes du STOP ont fait de même en contre-sens, sauf que… d’une part elles ont été bloquées par des dépannages, et d’autre, qu’il y a beaucoup trop à faire, car de nombreuses cordes n’ont pas tenu, et après 2 heures, nous avons stoppé. Voulant rejoindre le haut pour avoir tout de même un visu sur la situation, je me suis arrêté vers un équipage attendant de l’aide pour sortir leur véhicule, et pour ne pas risquer d’être bloqué par cela, j’ai abandonné la montée. En redescendant, alors que nous poursuivions le démontage, nous avons reçu la consigne de fermer la route sur la zone sensible de chute de pierre, et le nettoyage a été organisé après coup. Restait à sortir les piquets du bus pour les mettre en paquets de 10, puis à 18h45 de ramener le tout au matériel, où pendant que je terminais cela, les autres rendaient le bus. Une grosse ES pour là aussi, une grosse journée.

La reprise aura été rude, et si nous n’avons pas pu bénéficier pleinement de notre soirée décompression, festive et échanges au vu des mesures sanitaires, j’ai tout de même pu discuter avec un équipage avant de retrouver les amis. J’ai été ravi de l’engagement de mon équipe, qui nous a même permis d’avoir un aide supplémentaire avec le copain de l’une d’entre elles, qui malgré l’ampleur de la tâche déjà pour nous, a beaucoup apprécié. Nous avons de plus obtenu un nouveau "coup de cœur" de la part du responsable sécurité.

A la veille de ses 20 ans, le Chablais est LE rallye modèle depuis plusieurs années, et actuellement en mode passations de responsabilités, nous souhaiterions que ce qui fait sa force et sa réussite, ne change pas : convivialité, échanges ouverts et constructifs, esprit d’équipe, et réalité du terrain. Cette année, il y a eu un oubli, que l’on espère isolé, puisque ce n’était jamais arrivé. Bénévoles amateurs à grandes responsabilités, dans un milieu et des championnats de plus en plus professionnels, nous sommes sereins avec notre expérience, pleinement reconnue en haut lieu, et prêts pour un futur jubilé.

#onlafait

Merci à Valentin pour son aide, et à la Ste-Vierge du secteur du tunnel.
Merci à Eric pour sa reconnaissance envers nous malgré la situation particulière.
Merci à JTV, qui a décidé de respecter le délai qu’il s’était fixé. Merci pour ta confiance en moi face aux différents défis de ces dernières années.
Un bon rétablissement à toutes les personnes touchées ; force et patience.

www.rdch.ch
> ERT - FIA
www.terseries.com
www.swissrally.ch

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Prochaines participations :

      11.07  Châtel Chablais Léman Race [Edit : pas de réponse pour la 2e année de suite...]
23-25.07 Montreux Trail Festival [Edit : nouveau]
     01.08 – Cyclosportive des Vins du Valais
     07.08 – Cyclosportive Tour des Stations
     15.08 E-MTB Challenge - Verbier [Edit : nouveau]
27-29.08 – Rallye Alpine Challenge (régularité)
25-26.09 – Slalom de Drognens [Edit : annulé]

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